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Autour des triades dans le piano jazz

Un petit topo rapide autour des triades aujourd’hui. C’est une première approche, orientée piano. Ce sont des éléments essentiels, autant pour developper l’improvisation que pour l’accompagnement.
Je ferai peut-être une vidéo plus tard sur ma chaîne youtube pour illustrer tout ça, car il y a des millions d’autres choses à dire !
 
Mais pour commencer, c’est quoi une triade ?
 
Une triade est un accord à trois sons, composé de deux tierces superposées. On utilise quatre triades, majeure, mineure, augmentée et diminuée :
 
 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 

1. Les triades sont partout

 
En harmonie tonale, ce sont les accords les plus simples, les plus utilisés également. Il est très facile de former des triades à partir d’une gamme. En effet, il suffit de sauter une note sur deux pour « fabriquer » une triade.
 
Ci-dessous, en do majeur, noue avons la triade majeure de do (C-E-G), mais également celle de ré mineur (D-F-A), mi mineur (E-G-B), fa (F-A-C), etc…
 
 
 
Dès que l’on ajoute des extensions au accords (7ème, 9ème, 11ème, etc…), nous ajoutons des tierces supplémentaires, et par conséquent, nous multiplions les possibilités de triades.
 
Attention : N’oubliez pas que les triades ne sont pas un raccourci pour apprendre les accords ! Cela peut aider, mais en aucun cas savoir jouer une triade de sol sur une triade de do ne vous permettra de repérer la 9ème, la 7ème, même si vous savez que c’est un accord de CMaj9…
Encore une fois, les triades servent à affirmer son jeu, à le structurer, à trouver une unité dans la façon de faire sonner son accompagnement, mais il est nécessaire de connaître par ailleurs toutes les gammes majeures et mineures.
 
Par exemple, dans cet accord de Cmin7, il y a une triade mineure de C, mais également une triade majeure de Eb.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ce qui me permettra, par exemple, de le jouer de cette façon, si j’ai besoin d’accompagner un autre instrument en jouant la basse à la main gauche :

 

 
 
 
 

Bref, il y a donc énormément de possibilités en fonction des extensions que nous souhaiterons utiliser.
Le gros avantage est que travailler et visualiser les triades est assez simple finalement, et c’est tout l’intérêt de cette approche.
Par exemple, si vous voyez  C13#11, cela peut sembler un peu compliqué mais en fait, on peut « construire » cet accord de cette façon : une triade de ré sur C7 :

En effet, toutes mes notes essentielles sont présentes, et l’accord « sonne ».

 

 

 

2. Renversant, n’est-il pas ?

 
 
Il est bien entendu possible de renverser une triade, et même de doubler des notes, cela ne change pas la couleur de l’accord.
Il est primordial d’avoir plusieurs « renversements » d’un accord sous les doigts pour accompagner une mélodie par exemple.

Dans Beautiful love par exemple, pour suivre la mélodie, nous allons jouer l’accord de G13#11 de cette façon :

La triade de La se trouve dans son 2ème renversement, ça colle avec la mélodie, ça sonne bien, c’est cool !

Doubler certaines notes de triades, et bien maîtriser les renversements permet également de solidifier son jeu et gagner en « son » et en présence. Ci-dessous, un accord de Eb7alt, composé de la triade de Si majeure à la main droite (les notes ne sont pas les bonnes mais c’est plus lisible), et un simple accord à 3 sons à gauche (3ce, 7ème, #9) :

3. Bon, on s’y met ?

 
Vous l’avez compris, les triades vont nous permettre de faire « sonner » des couleurs d’accords. De plus, la triade possède une grande puissance harmonique, ce qui va fortement structurer le discours d’un soliste par exemple, ou l’accompagnement d’un instrument harmonique.
Les triades, ça sonne, et c’est cool.
 

Les liens vers les versions audio, allez-y les yeux fermés, ce sont des disques merveilleux :

Autumn Leaves – Ray Bryant : https://www.youtube.com/embed/H61MChqwqG4

Emily – Hank Jones :  https://www.youtube.com/embed/8XXDNR3tyZ4

Dreams – Kenny Barron : https://www.youtube.com/embed/A_qodkgg1Ow

Skylark – Mulgrew Miller : https://open.spotify.com/album/7e2kjPj516qSIwsWEdDuUL (pas dispo sur Youtube, il vous faudra acheter cet album incroyable ! )

Humpty Dumpty – Chick Corea : https://www.youtube.com/embed/IrBL09KTEoQ

2 commentaires sur “Autour des triades dans le piano jazz”

  1. Bonjour,

    Le .pdf auquel vous faites référence n’est plus disponible…

    J’ai lu plusieurs articles concernant les triades… et n’arrive pas à comprendre leur intérêt si important, pour un musicien jazz de niveau intermédiaire. Je ne vois pas ce que cela apporte de plus que les arpèges d’accord, surtout avec des 7 èmes où les positions à la guitare sont compliquées (1 3 7 et plus 1 3- 7).
    Il me semble, après toutes ces lectures et visualisations de vidéos, que le point d’intérêt, pour un guitariste, est dans le comping. Avec les triades, il peut se faire avec un nombre limité de notes et positions à connaître pour jouer la mélodie tout en accompagnant.
    Bonne soirée

    1. Bonsoir,

      En effet, l’article date un peu (2018…), il s’agit de l’import de mon ancien blog, j’ai changé de site depuis. Les articles s’en trouvent parfois malmenés. Je ne retrouve plus le PDF en question malheureusement. Cela dit, vous trouverez d’autres .pdf où je parle de triades sur ce site.

      Attention, l’utilisation des triades ici concerne le piano uniquement ! Je ne suis pas compétent en guitare pour aborder ce sujet sur cet instrument.

      Au piano, les triades (majeures, mineures, essentiellement), superposées à la tierce et septième de l’accord, nous permettent de faire sonner le comping de manière plus efficace. Cela permet également de développer un langage utilisant ces triades pour improviser et enrichir le jeu : une triade de ré majeur sur un accord C7#11 va me permettre de tester et trouver des éléments mélodiques que je n’aurai sans doute pas envisagé si je m’étais contenté de l’arpège de l’accord.

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