Vlog #16 – Herbie & Benny sont sur un bateau et autres considérations musicales

Nous sommes le 8 novembre, et je reviens m’occuper un peu de ce blog. Comme vous le savez si vous avez regardé mon dernier vlog, la période est difficile pour tous les artistes et acteurs du monde du spectacle. Malgré tout, nous continuerons à organiser des choses et à partager notre passion avec le plus grand nombre.

Dans cette dernière vidéo, je vous propose un petit travail de chauffe autour des solos d’Herbie Hancock et Benny Green sur Seven Steps To Heaven. Bien sûr, le choix de ce morceau est arbitraire, la méthode peut rester la même quel que soit le morceau, ou le solo. Mais c’est toujours intéressant d’écouter plusieurs pianistes différents improviser sur le même morceau. On remarquera d’ailleurs ici que les grilles harmoniques ne sont pas exactement les mêmes. La version du trio de Ray Brown prend un peu plus de liberté avec la grille originale.

Regardez et procurez-vous les relevés en cliquant sur les liens ci-dessous :


Regardons maintenant la méthode la plus simple pour travailler avec ces solos. Comme je le dis dans la vidéo, il est question ici de travailler des extraits des solos dans le but d’assimiler du vocabulaire et de s’échauffer les doigts. Il est bien sûr sous-entendu que vous aurez pris soin d’apprendre le morceau sur lequel vous travaillez avant toute chose.

1. Repérez tout d’abord les passages qui vous plaisent. Puis apprenez la phrase par coeur en la jouant plusieurs fois. Vous pouvez également la scinder en plusieurs parties pour plus de facilité. Je reprends ici l’exemple de la vidéo :

tutorial piano jazz seven steps to heaven

On remarque l’utilisation de Abmin comme un G7 altéré.

tutorial piano jazz seven steps to heaven

Phrase relativement commune mais très efficace; fonctionne aussi sur le V (C7 ici).

2. Travailler également tout ça à la main gauche. Prenez le temps de trouver de bons doigtés. Ne travaillez pas vite, mais bien au fond du clavier et en souplesse (bras, coude et poignet détendus).

3. Transposez ensuite ces éléments dans tous les tons. Certaines tonalités ne seront pas très bien adaptées à ces phrases, mais l’idée est encore une fois de travailler le vocabulaire, la main gauche, et le phrasé.

Faites de même avec d’autres phrases. Je pense que vous avez saisi le principe. C’est une routine matinale que vous pouvez mettre en place assez facilement. Le plus difficile au début est de relever les solos et les phrases. Mais une fois le réservoir de phrases bien rempli, amusez-vous à mélanger les éléments et fabriquez vous-même vos phrases !

N’hésitez pas à me contacter pour plus d’infos. Bon courage à tous et bon travail !

Commentaires 5

  • Salut Florent
    J’espère que tu vas bien !
    Je viens vers toi car j’aurai des questions d’ordre pédagogique a te soumettre. Je travaille en conservatoire et j’enseigne comme toi le jazz et le piano. J’aurai aimé savoir comment tu construis tes séquences de cours … comment tu abordes cette question de l’improvisation avec les élèves etc …
    si tu as un petit moment entre deux cours en visio 😊 bon courage à toi ! Ciao . Emmanuel

    • Bonjour!
      Mes cours dépendent beaucoup de l’élève, comme de bien entendu.
      J’ai plusieurs profils d’élèves, et je dois bien sûr m’adapter en fonction.
      Essentiellement, j’ai des élèves ados ou jeunes adultes qui sont en cursus classique, et des adultes qui veulent parfaire leurs connaissances et leur pratique du jazz.

      Ils ont tous une pratique instrumentale de plusieurs années, ce qui permet d’aborder l’improvisation directement, sans se soucier des moyens techniques de base. (mais il est tout à fait possible d’aborder l’impro avec un débutant, cela doit se faire à mon avis en complément d’un cours d’apprentissage pur de l’instrument, soit en plus, soit à la fin du cours, ce qui peut amener beaucoup trop de travail pour un très jeune).

      Ce qui suis concerne la musique de jazz. C’est sans doute valable pour toute musique populaire improvisée, en fonction du style. Cela ne concerne pas l’impro libre, ou générative, pour laquelle je suis incompétent.

      Je base mon travail sur des standards du jazz, ou des compositions de grands musiciens de jazz. Il est primordial de relier en permanence les apprentissages et le contexte musical. Le morceau est la base de tout; il va permettre de travailler les voicings, les enchainements d’accords entre eux, le phrasé de la mélodie, le placement, le swing, etc…
      Quand bien même on travaillera les gammes diminuées ou les block-chords, je propose toujours un morceau pour appliquer l’élément.

      En ce qui concerne l’improvisation, c’est également très évolutif, en fonction du niveau de l’élève; pour les débutants, on commencera d’abord par comprendre la tonalité générale du morceau, puis on fera des variations du thème, en chantant, ou bien on complétera les phrases du thème par des réponses dans les vides par exemple, etc…Des petits exercices d’oreille et d’invention.
      Puis on aborde assez vite la question du « réservoir de notes » liè à la tonalité. En générale j’explique plutôt la pentatonique majeure que la gamme majeure, car sans note à éviter. (j’en profite pour faire écouter O.Peterson qui joue l’anatole en utilisant exclusivement la penta majeure…)( et ça permet à l’élève d’éviter de jouer des fa accentués sur C6…)

      J’essaye que tout soit limpide, et en tâchant de ne pas brûler d’étape. Rapidement, je fais écouter du jazz et fais comprendre à l’élève que c’est une musique de tradition orale, et que le langage du jazz se trouve sur les disques. Il va donc falloir copier un tant soit peu les maîtres. Si l’élève adore Brad Mehldau, qu’il n’hésite pas à relever (si possible!), idem pour Cory Henry ou Jacob Collier… Peu importe la porte d’entrée, il faut s’y coller à un moment ! Il remontera tout seul (ou avec l’aide du prof!) l’histoire du jazz. Je suis toujours très content de voir un élève découvrir Chick Corea et trouver ça génial (eh oui…). Et cette étape est indispensable également à la compréhension du phrasé jazz et du rythme !
      Je fais attention également à ce qui est joué soit bien « entendu » par l’élève.

      J’ai remarqué que plus l’élève a les clés de compréhension de ce qu’il écoute et travaille, plus son intérêt grandi.

      Ensuite, on sait bien qu’il n’y a pas de miracle en pédagogie…La passion du prof aide beaucoup, mais le travail de l’élève fera tout.

      Il y aurait bien d’autres choses à dire, j’ai répondu d’une traite, et cette réponse n’est sans doute pas très constructive; n’hésites pas à continuer cet échange si tu le souhaites !

  • Je te remercie Florent pour ta réponse détaillée et fournie !

    je glane par ci par là des « méthodes » de travail en essayant de parfaire la mienne en tant qu’enseignant et musicien. … Je vois que l’on se rejoint sur pas mal de points.

    C’est assez vaste et évidemment il y a autant de prof que de méthodes bien évidemment, mais je crois que les grandes lignes sont une certaine connaissance du jazz (répertoire, périodes, musiciens), travail de l’oreille par le chant ou par repiquage.

    le repiquage est un exercice assez complexe pour les plus jeunes et pas que … est ce que tu l’intègres dans tes cours (comme le fait ton copain Manuel Marches) ou tu les laisses en pleine autonomie sur ce point ?

    J’ai d’autres questions …
    autrement c’est quoi ces petits exercices d’oreille et d’invention dont tu parles ?

    est ce que tu abordes tout ça de manière chronologique ? en partant des prémices du jazz pour aller vers des choses plus modernes ; ou c’est un mix ?

    J’ai toujours eu cette question qui me taraude … aborder Chick Corea et le jouer ok mais sans savoir qui est Charlie Parker …. ?? je trouve qu’il peut y avoir des trous de compréhension dans l’acquisition du langage.

    quand tu abordes un standard comme autumn leaves avec les élèves, comment procèdes tu ? chanter évidemment j’imagine … la mélodie , la basse …

    La encore la discussion pourrait être très longue ! mais je te remercie encore c’est passionnant d’échanger avec d’autres enseignants, chose que l’on fait assez rarement au dela de nos structures d’enseignement je trouve …

    Ciao et bon courage pour les cours en visio 😊
    a plus
    Emmanuel

    • Hello, j’étais justement sur mon site donc je te réponds rapidement…

      J’incite expressément les élèves à faire du repiquage, dès qu’ils ont acquis certaines bases. Mais ça peut être juste une phrase sur deux mesures. L’idée est d’avoir un matériau de langage comme point de départ.

      Pour les débutants, c’est bien de les laisser libre au début, pour se familiariser avec le clavier : certains élèves sont complétement bloqué dès qu’il n’y a plus de partition ! Les petits exercices d’oreille et d’invention sont par exemple faire des variations autour du thème (rajouter quelques notes aux phrases, changer le rythme). J’aime bien donner des petites règles aussi (4 croches obligatoires, un intervalle de tierce au début de la phrase inventée, etc…). Un exercice sympa est de chanter et/ou jouer les guides-tons, puis de les relier par des phrases, cela « trace » un chemin qui facilite l’invention.
      D’une façon générale, je trouve qu’il faut guider vraiment l’élève au début, et c’est normal.

      Pas d’ordre chronologique, je laisse l’élève découvrir cette musique par la porte d’entrée qu’il souhaite ! De toutes façons, je commence par des morceaux « simples », All of Me, Deed I do, Blues in the closet…

      • Ok Florent, merci encore !
        Je vais poursuivre continuer tout ça, je reviendrai vers toi certainement pour continuer l’échange 😊
        À plus
        Emmanuel

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