4 solos simples mais classes

Aujourd’hui, je partage avec vous 4 solos *faciles à jouer, par quatre grands pianistes de jazz, parmi mes préférés.

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Table

On Green Dolphin Street

Oscar Peterson

Un remarquable solo, très épuré et tout le temps dans le registre aigu. On retrouve les éléments qui font le style de Peterson :

L’articulation, et une redoutable précision du time. Par exemple, cette dernière phrase de la 1ère grille :

Le stop-chorus sur les deux dernières mesures est remarquable, car on ne perd jamais le débit des croches swing, Oscar n’accélère pas ni ne ralentit. Il joue le tempo. On remarquera aussi ensuite la relance du walking de basse de Ray Brown, incroyable de swing comme d’habitude. Notez que c’est bien l’alchimie* des trois musiciens de la rythmique qui ajoute au swing général du morceau.

• Le blues omniprésent. Je le dis à chaque fois, mais ça sonne parce qu’il y a du blues. J’entends par là l’utilisation de la penta majeure et mineure, avec les approches chromatiques qui vont bien !

quelques exemples :

• Et enfin, la mélodie. Peterson à l’art de jouer des phrases simples mais d’une justesse mélodique magnifique. Ici, un simple arpège, et une résolution sur la sixte sur un ii-V-I majeur en Eb :

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Can’t We Be Friends

Sonny Clark

Sonny Clark est un des premiers pianistes que j’ai relevé. Son discours est ancré dans le bop, et son jeu est limpide et relativement facile à transcrire*.

On retrouve les éléments qui font un bon solo : blues, chromatismes, arpèges, sens mélodique, swing. Simple, n’est-ce pas ?

On peut noter certaines choses cependant :

• Regardez trois façons différentes de faire sonner un ii-V-I :

En jouant chaque couleur d’accord

En ne faisant sonner que le Vème degré (ici 7b9)

En jouant autour de la gamme blues

• On remarque également que sur le pont du morceau, Sonny Clark joue quasiment la même phrase sur l’accord diminué B°, mais la résolution n’est pas la même :

On arrive sur la quinte de l’accord I de façon diatonique.

Ici, on arrive sur la quinte de façon chromatique. Notez également la façon de tourner autour de la tierce de l’accord F6.

Écoutez aussi sa façon d’articuler. J’adore son phrasé !

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Five O-Clock Whistle

Red Garland

Un peu de la même façon que chez Sonny Clark, on retrouve ici un solo incroyablement classe et mélodique, et qui utilise tous les éléments du langage jazz et bop des années cinquante. De plus il s’agit d’une anatole (cadence I-VI-ii-V) avec un pont qui est également une anatole. Donc très pratique pour travailler du vocabulaire.

J’aime bien aussi ses quelques petites ré-harmonisations chromatiques, simples mais efficaces :

Ces quintes nous font entendre un chromatisme qui peut nous faire penser à des substitutions tritoniques*.

idem ici

Ici également, une approche chromatique vers le iième degré : F#min7 à la place de C7

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Celia

Bud Powell

Sans doute le plus difficile des quatre solos présentés ici. Malgré tout, ce solo reste l’un des plus abordables de Bud Powell !

En effet, le phrasé bop de Bud Powell est très difficile à imiter et à apprendre, car il faut vraiment maîtriser parfaitement le langage bop et ses placements rythmiques pour se rapprocher du son de Bud.

Ici nous avons tout de même quelques phrases en double-croches, notamment la levée, qui est un modèle de stop-chorus :

Egalement ici une superbe substitution tritonique :

Ce qui donne la couleur particulière à cette grille, et que j’aime beaucoup, c’est pour moi l’utilisation du Cø7 sur la 2ème mesure des A. On peut le voir comme un IVème degré mineur 6. Bud l’aborde de façon différente à chaque fois et c’est génial :

Ici, on peut remarquer un arpège de EbminMaj11

Un effet rythmique très bop.

Ici, Bud le joue comme un F7b13, et c’est beau.

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J’espère que ces petites analyses rapides vous auront donné envie d’aller travailler ces solos de plus prés ! Comme vous le voyez, il n’est pas nécessaire de faire compliqué ! Par contre, il est obligatoire d’avoir un bon placement, et un bon tempo ! Swing et joyeux Noël !

*quand je dis facile, je sous-entend tout de même le niveau requis pour pouvoir jouer des phrases en croches sans trop de difficulté bien sûr…

*on oublie parfois cette notion, car on se focalise trop sur le soliste. Mais ce sont bien aussi la basse et la batterie qui swinguent derrière le soliste, et qui permettent au soliste parfois de simplement jouer un « riff » ou une phrase simple qui sera mis en valeur par la solidité et le groove de la rythmique.

*vous trouverez d’autres relevés de Sonny Clark dans ma boutique ainsi qu’un songbook de ses compositions !

*la substitution tritonique est le fait de remplacer un accord de dominante (avec ou sans son ii) par le même accord situé à une distance d’un triton (trois tons). exemple: B7 remplace F7; F#min7-B7 remplace Cmin7-F7

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